Et les femmes dirent merci à Napoléon…puis s’enfermèrent dans une chambre pour écrire

March 26, 2018

Lorsque l’on s’appelle Virginia Woolf et que l’on a la chance de naître dans la grande société Londonienne, la question de l’éducation est centrale. Pour preuve, la jeune Virginia a un accès libre et permanent à la bibliothèque de la maison où elle a la chance d’y recevoir une éducation.

Son enfance sera largement marquée par la découverte de la littérature anglaise et des classiques; cela ne sera malheureusement pas le cas de toutes les femmes en Angleterre, comme en France.

 

Très tôt elle va commencer à s’intéresser à l’écriture, et en fera son métier en 1905 en écrivant pour le supplément littéraire du Times. La question de la place de la femme dans la littérature anglaise, et donc de son éducation, est un thème central chez Virginia Woolf. 

Elle en fera d’ailleurs le thème principal de son essai le plus célèbre à ce jour « Une chambre à soi ». Dans l’ouvrage, elle va s’interroger sur la femme et le roman dans la littérature anglaise et arriver à la conclusion « qu’il est indispensable qu’une femme possède quelque argent et une chambre à soi si elle veut écrire une oeuvre de fiction. » 

 

Malheureusement, il faudra attendre la loi du 18 février 1938, pour que la prophétie puisse devenir réalité. Avant cette date, les femmes étaient considérées comme des « incapables civiles », passant des mains du père à celui du mari, sans passer par la case éducation.

Dans son ouvrage, Virginia Woolf donne une explication à cette loi Napoléonienne. Selon le Dr Johnson, si Napoléon considérait les femmes comme « incapables » c’est parce que : « Les hommes savent que les femmes sont une trop forte partie pour eux et préfèrent , en conséquence, les plus faibles et les plus ignorantes d’entre elles. S’il n’en était pas ainsi, ils n’auraient pas peur de femmes qui en sauraient autant qu’eux » CQFD !

En attendant, les femmes de l’époque faisaient comme elles pouvaient pour exister dans un monde d’homme, et rare étaient celles qui devenaient des auteures reconnues de leur vivant.

 

Virginia Woolf va consacrer sa vie à l’écriture, et fondera en 1917 avec son mari une maison d’édition, la « Hogarth Press », qui publiera entre autres les oeuvres de Katherine Mansfield et une partie de celles de T.S Eliot.

Elle militera toute sa vie pour la cause féminine, et selon des spécialistes actuels, elle défendra aussi la cause lesbienne.

 

En 2012, elle est la neuvième femme de lettres à entrer dans la pléiade. Il reste encore du chemin, mais les femmes comptent à présent parmi la crème de la littérature. Il faudra faire avec.

Et pour que le chemin tracé par Virginia Woolf ne se referme pas, je vous en prie Mesdames écoutez son conseil : 

 « C’est pourquoi je voudrais vous demander d’écrire des livres de tout genre sans hésiter devant aucun sujet …quelle qu’en soit la banalité ou l’étendue. » 

 

Merci Virginia d’avoir commencé à ouvrir la voie(x)…

 

 

Tous les extraits cités sont tirés « d’une chambre à soi » de Virginia Woolf.

 

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