Journée Internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.

La mairie de Nice a souhaité organiser une matinée de prévention de la violence à l'égard des femmes, à destination des jeunes, au Théâtre de Nice.

Lors de cette évènement plusieurs personnes étaient réunies pour sensibiliser la jeunesse à ce fléau. J'ai eu l'opportunité d'y interpréter un extrait de ma pièce de théâtre "Enfermée(s)".

A la suite de ma prestation, j'ai souhaité lire un texte, avant d'instaurer un débat avec le public.

Le voici en intégralité : 

" Si je prends la parole aujourd’hui, c’est parce que j’ai besoin de vous parler de quelque chose qui me tient à cœur et que j’ai gardé pendant trop longtemps, sans osé l’exprimer.

Il est parfois des sujets qui vous happent. Une irrésistible envie d’écrire vous prend et ne vous lâche plus. C’est ce que j’ai ressenti en commençant ce monologue, intitulé « Enfermée(s) », dont je viens de vous interpréter un extrait.

Un besoin de parler, de dire des choses. Un besoin de me confier, mais aussi et surtout de donner la parole, à celles qui ne l’ont pas toujours.

Laisser des mots résonner pour que leurs échos parviennent à un public.

 

Pendant deux ans, cette pièce sur l’enfermement, m’a hanté et m’a torturé. Ces quatre personnages, ces quatre femmes enfermées, sont une partie de moi.

Aujourd’hui je me sens plus apaisé, depuis que j’ai terminé de l’écrire…

Pourquoi ce thème ?

Parce que c’est une sensation que je connais que trop bien depuis des années…

Pourquoi ?

Parce que depuis longtemps je m’emmure dans un mensonge, ou plutôt une omission.

Depuis des années, à chaque fois que l’on m’a demandé pourquoi j’avais arrêté le théâtre, j’ai inlassablement répondu « A Paris sans réseau on y arrive pas » ou « je galérais trop et il fallait que je paie mes factures ». Ce n’était pas faux bien sûr…

Mais la vérité, c’est qu’il y a onze ans ma vie a basculée. En l’espace d’une nuit, un viol, a mis fin à mes rêves, mes envies et mes illusions.

En une nuit, j’ai tout perdue. L’envie de rire, de pleurer, d’aimer, d’avancer, de vivre…

 

Alors pourquoi prendre la parole aujourd’hui devant vous  ?

Parce que j’en ai marre de me taire et de faire semblant.

Parce que quoique je fasse, c’est gravé en moi à jamais.

Parce que à chaque fois que je jouerai ce monologue sur scène, et que l’on me demandera « Pourquoi ce texte ? » je veux pouvoir répondre fièrement « parce que c’est mon histoire, une partie de moi »

Parce que j’avais besoin de magnifier l’intolérable. 

Parce que j’avais besoin de faire quelque chose de beau et d’utile, avec de l’affreux.

Parce qu’à travers moi, c’est d’autres femmes qui vivent : celles qui se taisent si fort qu’on les entend hurler et celles qui crient si forts, qu’on fait tout pour qu’elles se taisent.

Parce qu’à travers ces quatre femmes, se sont mes doutes, mes angoisses et mes peurs que j’ai exorcisées.

Parce qu’après toutes ces années de silence j’avais besoin de crier à mon tour.

Parce qu’après tout ce temps j’étais enfin prête à faire changer la HONTE de camp : je SUIS la victime, il EST le coupable.

Parce qu’après trois longues années de procédures judiciaires et un procès en assisse, je suis enfin LIBRE !

 

Et maintenant que faire, qu’attendre d’un tel message ?

Rien, si ce n’est continuer de parler, de jouer, de vivre, de transmettre, d’échanger, de partager… bref de prolonger cette aventure humaine. Parce que c’est de ça dont il s’agit avant tout, de l’humain.

De se rassembler autour de femmes qui se battent pour survivre, parce que c’est un sujet de femmes, mais pas que… autour d’hommes qui se sentent tout aussi concernés par cette problématique. Rappelez-vous Messieurs, que vous êtes l’autre moitié de l’humanité.

En somme toutes les mains tendues, les sourires chaleureux et les oreilles attentives sont les bienvenues.

 

Même si la route a été longue et douloureuse jusqu’ici, j’ai fais le choix de suivre la plus belle et la plus merveilleuse des aventures qu’il soit : celle de la VIE !!!

Et comme le disait si bien Louis Jouvet : 

« On fait du théâtre parce qu’on a l’impression de n’avoir jamais été soi-même, de ne pas être soi-même et qu’enfin on va pouvoir l’être » "

Virginie Vignolo

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