Oui mais...c'est de l'art !

January 30, 2017

 

Ces derniers temps je trouve qu'il y a un peu trop de "Oui mais" dans l'air, et surtout dans le monde du cinéma. Juste un effet de mon esprit ou un réel malaise ?

 

Roman Polanski, par exemple : accusé de viol, il a fui les Etats-Unis depuis plus de 40 ans, il est recherché par Interpol, il n'a jamais été jugé et il se retrouve propulsé président des Césars ! (déchu depuis certes ) "Oui mais" : c'est un "grand" réalisateur, c'était il y a 40 ans, on pourrait passer à autre chose, rien n'a jamais été prouvé...

Puis, la nomination d'Isabelle Huppert aux Oscars comme meilleure actrice dans le film "Elle" de Paul Verhoven. Pourquoi cette nomination avec ce film ? Peut-être parce que c'est un thriller qui fait l'apologie du viol ? Non, surement une pure coincidence...

Et voilà qu' il y a deux jours sur un Forum de Cinéma, une personne lance un sujet sur Woody Allen. Que répondre ? J'ai tenté une approche en douceur, mais direct, sur le viol de sa fille Dylan et le mariage avec son autre fille (surement abusé elle aussi) :  "oui mais" rien n'a été prouvé...

 

Ce sacro-saint "oui mais" qui permet de tout justifier, tout gommer, tout oublier. Seulement voilà, j'ai une très bonne mémoire et aucun sens des nuances, quand il s'agit de violences faites envers les femmes. Je ne veux plus faire partie de cette masse silencieuse qui en se taisant, cautionne un trop grand nombre de comportements abusifs et méprisables. 

 

Il y a peu j'ai lu un article sur la "culture du viol". Cette façon de modeler nos esprits, sans même que l'on s'en aperçoive,  fait des ravages dans nos sociétés civilisées.

Il m'ait alors apparu intéressant de répondre, à la personne de ce forum, en expliquant plus en détails mon point de vue. J'ai pris un schéma basique, pour expliquer mon raisonnement. Evidemment il y a toujours des exceptions et des nuances,  mais je n'aime pas les nuances...et ce n'est que mon raisonnement...

 

On élève des garçons, en leur disant qu'ils doivent être forts, ambitieux, conquérants; on les encouragent à se battre, au sens propre comme au sens figuré, pour obtenir ce qu'ils veulent, on leur dit qu'ils ne doivent pas être sensible, ne pas pleurer, travailler dure pour y arriver. De l'autre côté on apprend aux filles à être douce, gentille, jolie et à élever des enfants. Je caricature ? Pas temps que ça...si on a la chance de grandir dans un foyer sain et aimant, peut-être que le discours est différent...mais c'est alors que l'école rentre en jeu : par ces différences d'éducation volontaire ( entre les garçons et les filles ) de la maternelle jusqu'au bac, elle finit le travail souvent bien commencé dans le foyer. 

Là l'espace de la cour, y est celui des garçons : ils courent, ils crient, se frappent, pendant que les filles restent dans leur coin. Première leçon : l'espace public est celui du petit homme en devenir. Petite fille méfie-toi, en grandissant tu apprendras à tes risques et périls que cet espace est dangereux. Ensuite les jeux de constructions pour les garçons, le coloriage et les gommettes pour les filles. Alors elles vont s'appliquer à l'école, bien étudier, avoir de bons résultats, en se disant que plus tard elles auront un bon boulot.

 

Bienvenue dans l'âge adulte ! Alors que les femmes ont souvent de meilleurs résultats et faits de bien meilleurs études, elles n'ont pas accès aux postes à responsabilités et sont encore moins bien payées ! Elles se retrouvent donc à la merci de patrons qui abusent d'elles , et là encore, dans tous les sens du terme. Mais comme depuis l'enfance elles ont appris à être douce, gentille et à accepter ce qui est, tel que cela est "comme normal", il y a peu de chance pour qu'elles se rebellent.

Et puis pour en rajouter une couche, il y a cette fameuse "croyance" très ancienne, mais bien ancrée dans les mentalités de tous, qui prétend qu'une femme n'est pas fiable. Entendez-là, qu'elle n'est pas honnête, qu'elle ment souvent, surtout pour s'attirer les faveurs des hommes...alors du coup comment leur faire confiance ? et surtout comment les croire quand elles diront qu'elles se sont faites violer, abuser, harceler...

Et il ne faut pas oublier la suprématie de "l'homme blanc" : c'est lui qui a l'argent, donc le pouvoir, et qui domine le monde dans tous les domaines : politiques, économiques, artistiques...

 

Résultat, on en a arrive à des situations comme celle de Woody Allen, où une enfant de 7 ans qui dit s'être fait violer par son père et forcément une menteuse. Que forcément sa mère cherche à l'humilier, lui l'artiste, et si possible à lui soutirer un peu d'argent...

Les femmes sont si vénales.

 

Pour résumer : la probabilité que ce type se retrouve devant un tribunal un jour ( pour quelque raison que se soit ), est aussi probable que moi je devienne Reine d'Angleterre ! Pourquoi ? Parce que c'est un homme, qui l'est blanc, qui l'est artiste, qui l'est riche et qu'il est juif ( je n'ai rien contre les juifs ) seulement c'est une communauté très puissante à Hollywood, en terme de pouvoir, et dans le milieu New Yorkais d'où est issu Woody Allen. 

S'il avait était noir (ou d'une autre minorité) et pauvre, il serait déjà en prison depuis longtemps...

 

Quand au fait qu'il a épousé sa fille adoptive, je trouve cela plus qu'abjecte : comment un homme qui a recueilli avec sa femme, Mia Farrow, une enfant à l'âge de 8 ans, qui l'a élevé comme sa propre fille, qui l'a surement appelé "papa", peut-il l'épouser 20 ans plus tard ? Imaginons un instant que se soit ta soeur adoptive, qu'elle ait grandi à tes côtés, dans ta famille, qu'elle appelait ton père "papa" et qu'un jour tu apprends que ton père biologique va épouser ta soeur adoptive de 30 ans plus jeune , quel aurait-été ta réaction?

 

Alors, je ne veux plus et ne peux plus, faire la part des choses entre l'homme et l'artiste. C'est trop facile et ça permet de se laver les mains bien vite de toutes les saloperies qu'on peut faire. Ce type est tordu, malsain et pédophile, et sa place n'est pas à Hollywood mais derrière les barreaux d'une prison.

Je suis juste écoeurée de voir ce genre de comportements excusés sous prétexte que...

 

Donc non, une enfant qui dit être victime d'abus sexuels ne ment pas. Le pourcentage de mensonges et de manipulations, par un parent dans ce genre d'affaire et quasi inexistant...

J'ai eu l'occasion de lire la lettre qu'a écrite Dylan Farrow, quand son père était nominé aux Oscars: elle m'a brisé le coeur, comme celui de cette fille, dont la vie est brisée...

Une femme qui dénonce de tels agissements, soit parce qu'elle en est victime ou soit l'un de ses enfants, n'est pas une personne assoiffée de vengeance. Dans presque la totalité des cas, voir même la totalité, elle dit la vérité : il n'y a aucune gloire, aucun mérite et aucune publicité à récolter, en s'exposant à de tels faits, sur de fausses allégations.

 

 

Mon but n'est absolument pas de convaincre qui que se soit, ni de juger , mais seulement, je l'espère, de faire voir les choses avec un autre regard...

Comme tout être humain je ne détiens pas la vérité, je tends juste à m'améliorer chaque jour...à chacun de se faire sa propre opinion en creusant le sujet.

 

 

 

 

 

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